communiqué du 7 octobre 2013

Le monde s’est ému avec juste titre du crime abject que consiste l’utilisation des armes chimiques en Syrie. Pourquoi alors fermer les yeux sur le génocide silencieux perpétré par les bombes à uranium appauvri (UA) ?

L’UA est un résidu de l’enrichissement de l’uranium, son stock augmente tous les ans. Efficace et bon marché il a été largement utilisé dans les derniers conflits : Yougoslavie, Irak, Moyen Orient, Afghanistan…

Français et américains nient toutes conséquences nocives à long terme pour la santé ou l’environnement. Pourtant les vétérans de Tempête du désert ont dénoncé ses effets sur eux-mêmes et leur descendance depuis leur retour d’Irak en 1991. Un contingent de soldats italiens envoyé au Kosovo en 1999 a lui aussi été contaminé.

Comment nier les témoignages recueillis par le journaliste Jacques Charmelot auprès des survivants du bombardement massif à l’UA de l’usine serbe d’Hadzici : la plupart des ouvriers sont morts à la suite de cancers. Aujourd’hui, la maladie touche en nombre les habitants.

A Fallujah, Irak, écrasée sous les bombes à l’UA en 2006, on voit avec horreur augmenter les malformations congénitales chez les nouveau-nés. A Bassorah les médecins de l’hôpital central constatent une multiplication par quatre des cancers.

Pourquoi le rapport de l’OMS sur les conséquences de la guerre en Irak, réalisé en 2012, n’est-il toujours pas publié ?

Pourquoi le gouvernement américain a-t-il essayé d’empêcher l’OMS de se rendre dans le sud de l’Irak où l’UA a été massivement utilisé et où traînent toujours les carcasses des tanks et autres véhicules contaminés ?

Les armes à uranium appauvri sont des armes de crime contre l’humanité. La France doit rejoindre les 148 pays de l’ONU signataires d’une résolution demandant aux États ayant utilisé cette arme de fournir des informations sur les lieux d’utilisation, afin de pouvoir procéder aux décontaminations nécessaires (à ce jour les USA, la Grande-Bretagne, Israël et la France y sont opposés).

Parce que le discours sur l’atrocité des armes chimiques ne peut être à géométrie variable selon les mains qui les utilisent, l’uranium appauvri doit être interdit par un prochain traité mondial !

Marie-Claude Colin Cordier, porte parole EELV 71

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